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Les Forces Musicales, PROFEDIM, le SNSP et le Syndeac unis au sein d’une même fédération portent des idées communes qui ont prévalu à leur union.

Leur rapprochement, dans le respect de leur diversité, est porté par le partage des fondamentaux suivants :

  • La démocratisation des arts et de la culture
  • La liberté de création et de programmation
  • L’exigence artistique
  • L’émancipation de l’individu à travers les arts et la connaissance
  • L’équité territoriale garantie par un renforcement de la décentralisation artistique et culturelle.

Seule l’intervention de la puissance publique peut garantir ces fondamentaux, qui sont les valeurs portées par toute la chaîne des acteurs que nous représentons : lieux, équipes artistiques, institutions, porteurs de projets de recherche ou de création, festivals … répondant tous à des impératifs de missions de service public, ou entrant dans le champ de l’intérêt général, dans une logique de gestion désintéressée, à travers des cahiers de missions et de charges et une évaluation des actions menées … La subvention publique, véritable contrat social et républicain, permet l’existence même de ces expressions artistiques tout en favorisant leur diversité : l’accord conclu entre l’artiste et la société scelle « l’exception » aux seules logiques du marché.

Les enjeux auxquels nous faisons face aujourd’hui :

  • La baisse des financements publics : avec les coupes répétées du budget du Ministère de la Culture et la baisse des dotations de l’Etat, doublées de l’augmentation de certaines de leurs charges, une majorité de Collectivités Territoriales ont diminué leurs crédits en matière culturelle. Le budget 2018 ne devrait être guère plus réjouissant.
  • La recomposition des territoires : fusion des Régions, constitution de communautés de Communes, création du Grand Paris, affirmation ou création de Métropoles, baisse de financements importante des Départements qui les a conduits à se concentrer sur leurs missions essentielles : nous assistons ces dernières années à des affaiblissements voire à des fermetures de lieux et de festivals, à la précarisation du financement aux équipes artistiques, ainsi qu’à la fragilisation de l’ensemble de l’écosystème création-production-diffusion-transmission.

Cette tension budgétaire repose la question des missions connexes mais fondamentales que sont l’éducation artistique et la transmission des savoirs, question toujours reformulée mais dont les modes de financement restent incertain.

  • La fracture des territoires et repli sociaux et identitaires : l’offre culturelle est insuffisante au sein notamment des nouvelles zones péri-urbaines. Elle a par ailleurs des difficultés à répondre aux pratiques, aux représentations symboliques et aux parcours de vie des populations nouvellement arrivées sur le territoire.
  • La globalisation de la culture : la consommation de masse (notamment via internet) de la culture a changé l’habitus d’une partie de la population (jeune mais pas uniquement) qui s’est détournée de la politique de l’offre que nous proposions pour se tourner vers des œuvres internationales plus formatées accompagnées par des campagnes de promotion massives et mondiales, décontextualisées du territoire.
  • La forte poussée de l’industrie musicale et des effets de concentration importante. Une étude diligentée par la DGCA sur les « grandes salles de spectacle » a été faite, doit être mise à jour et ce phénomène doit être observé à d’autres échelles et ce phénomène doit être observé à d’autres échelles (sur de plus petites jauges notamment). Une cartographie précise des phénomènes de concentration horizontale et verticale menés actuellement par les grands groupes industriels et de services doit être réalisée rapidement. Ces phénomènes de concentration mettent en péril la diversité de la création, c’est pourquoi des modalités de régulation doivent être imaginées.
  • L’export et les questions internationales : La forte attractivité de la France en matière culturelle est un atout, mais les entreprises françaises restent peu compétitives à l’export : de gros efforts sont à réaliser pour protéger notre secteur du dumping social, mais surtout favoriser les échanges en levant les freins administratifs, fiscaux, linguistiques et financiers qui permettront à la France de retrouver sa place d’influence sur l’échiquier mondial.
  • L’Association de Soutien au Théâtre Privé : Un rapport a été rendu par Monsieur Bonnell à ce sujet proposant un certain nombre de pistes de réformes pour remédier aux difficultés de cet organisme. Le théâtre privé parisien est aujourd’hui aidé, au travers de la taxe fiscale de l’ASTP mais également via des aides de l’Etat et de la Ville de Paris. Parmi les propositions, on trouve celle de contraindre les théâtres publics en région d’accueillir leurs spectacles, ceci au détriment de la liberté de programmation des directeurs de théâtre aujourd’hui inscrite dans la loi. Monsieur Bonnell propose aussi de soumettre le Spectacle Vivant subventionné à la taxe, ce qui est inacceptable en l’état.
  • Le Centre National des Variétés et du Jazz : Une mission a été confiée à Roch Olivier Maistre sur le projet de « maison commune de la musique ». Nous attendons ses préconisations en septembre mais nous nous interrogeons sur le sens d’un tel projet qui pourrait potentiellement remettre en cause des équilibres déjà précaires au sein des politiques de la DGCA et de la DGMIC. Car quid, dans ce projet, de l’avenir des esthétiques fragiles, des nouvelles écritures, des missions de service public accomplis par nos adhérents en dehors du cadre du Ministère de la Culture ?
  • L’augmentation des délégations de service public : certains groupes entendent développer une stratégie de prise de DSP des lieux et festivals publics. Il existe aujourd’hui de la part des collectivités territoriales notamment un manque de prudence dans le recours à la DSP, doublé d’une forme d’abandon de responsabilité des missions de service public.
  • Concernant l’emploi, de nouvelles négociations s’ouvrent en septembre prochain concernant les annexes 8 et 10. Le FONPEPS, qui n’a pas démontré sa pertinence ni son efficacité à ce jour, doit être réinterrogé au vu des réels besoins de la profession. L’avenir du régime d’assurance chômage des intermittents est source de nombreuses inquiétudes et fait à ce titre l’objet de toute notre attention.
  • La concertation du nouveau gouvernement Macron pour une refonte du code du travail menée au pas de charge, pourrait remettre en cause les fondamentaux d’un dialogue social historique.

Cette nouvelle union syndicale sera une force pour porter ces valeurs communes, et faire face aux nombreux défis qui l’attendent, en continuant de démontrer les forces et le dynamismes, au-delà de nos frontières, d’un secteur d’avenir, qui continue d’attirer un nombre croissant d’artistes, techniciens, professionnels, amateurs, publics de tous horizons.
Elle se veut aussi un outil de réflexion pour imaginer la prochaine étape de la décentralisation d’une culture au plus près de tous les citoyens.

Communiqué suite à la conférence de presse du 14 juillet 2017, à Avignon

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